Comment faire face à un décès avec les enfants ?

Comme vous le savez peut-être il y a maintenant presque deux mois, dans ma famille proche, nous avons eu un décès. Il a donc fallu préparer les filles, leur en parler. Et cela n’a pas été sans difficulté, je vais donc vous parler de comment j’ai réagi, comment mes filles ont réagi et comment j’ai donc agi.
Il faut savoir que ma solution, n’est pas LA solution, ce n’est pas non plus une solution. C’est juste mon cœur de maman qui a parlé, qui a réagit comme je le ressentais au fond de moi.

J’écris cet article, car nous ne savons pas comment faire face. Nous sommes toujours pris au dépourvu car les enfants avec leur innocence ont de vraies questions, des questions non détournées, non déformées. Leurs questions sont cash et ont besoin de réponses claires (sans pour autant être trop crues) car nous adultes, nous pouvons y mettre les formes.

Image prise ICI

1 – Comment je me suis préparée à préparer mes filles

Ce décès était attendu donc nous avons essayé de faire comprendre que cela allait arriver, que cette personne allait mourir, partir au ciel. Et il y a donc eu beaucoup de questions du genre : 
 » Il faut voler haut comme ça, pour aller au ciel ? «  Avec les gestes qui vont avec. 

J’ai donc expliqué que c’était l’âme qui partait vers les étoiles, mais que cette personne serait enterrée et que nous pourrions ensuite aller la voir au cimetière. Cela diffère selon les croyances.
Le jour du décès, nous avons prévenu, les filles. J’ai refusé qu’elle voie ce membre de notre famille mort. Elles l’ont vu avant et le jour de l’enterrement, mais seulement le cercueil. Je crois que c’était assez. L’image, je pense sera plus douce. 

Mon expérience professionnelle fait que j’ai malheureusement vu beaucoup de personnes décédée et certaines nous reste en tête donc je ne voulais pas infliger à mes filles de 3 ans et 5 ans cette image

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Le jour J, nous nous sommes levés en expliquant le déroulement de la journée. J’avais un peu peur de la réaction des filles à l’église, du fait qu’elles ait envie de bouger. Puis à mon étonnement, elles sont restées calme, à l’écoute. 
J’ai pu ressentir notre lien familial si fort, pas besoin de mots, rien que de se donner la main cela suffisait. On a suivi le corbillard tous en famille, chacun son rôle. Chloé portait une statuette de la vierge avec mon mari à ses côtés. Moi, je donnais la main à ma minie puce. 
On a suivi, expliqué et là arrivé au cimetière, il y a eu la descente dans le « trou » comme l’on dit les filles. « Pourquoi on le met dans le trou ? « 
Encore une fois, on a expliqué que c’était comme ça, les gens qui étaient morts venaient au cimetière (Je sais que ce n’est pas le cas pour tout le monde, mais c’est ma réponse à la situation que nous avons vécue. De plus dans des moments comme celui-ci, pas besoin, d’en dire plus que nécessaire).

2 – Voir approcher le décès d’un proche et s’en rendre compte

Étant aide-soignante, je sais comment cela se passe. Je sais en voyant un patient où il peut en être dans sa maladie. Bien que l’on ne sait jamais l’heure, la date, on le ressent. Rien n’est certain et nous avons parfois de très belles surprises, mais à force de côtoyer la Mort, on la ressent.

En tant que famille, tout est différent, voir quelqu’un assis au fauteuil, c’est que ça va sinon, la personne serait alitée. Savoir si elle mange normalement ou si elle a une alimentation dite « plaisir » là encore une fois, cela donne des indices. Mais ne sachant pas cela, si une personne est au fauteuil, c’est que ça va encore « un peu » bien (désolée, si je ne parle pas français, mais disons que l’on pèse toujours ses mots).

Alors qu’en réalité, en tant que professionnels, nous pouvons lever des patients seulement 1 h ou 30 minutes et si c’est à ce moment-là que les familles passent alors elles ne se rendent pas compte réellement de l’état de la personne.
Je me suis rendu compte en étant des deux côtés de la barrière, en peu de temps, en étant soignante et famille accompagnante.

Il faut savoir que même si on le sait, même si nous en avons conscience que le décès risque d’approcher, ce n’est jamais réellement vrai tant que ça n’est pas le cas. Nous nous en rendons compte seulement lorsque l’on nous dit de préparer les vêtements de décès ou lorsque l’on nous dit de préparer l’enterrement. Et là, le conscient se réveil, les choses se mettent en place et le processus commence.

décès

3 – Mon ressenti

Il est de plus en plus dur pour moi de faire ce travail, depuis que j’ai dû passer par ces moments dans ma propre famille. Je fais mon travail de soignante, mais je ressens la tristesse, je visualise les démarches à effectuer, l’administratif, la tristesse, la suite, …

Chacun, chacune est comme il est, mais je crois que je ferais toujours et encore plus mon possible pour écouter les familles et juste montrer que je suis LA si besoin. Et si jamais une larme doit couler alors elle coulera. Les beaux discours sont bien jolis, mais l’humain et la sincérité des émotions est encore plus importante.
Il faut savoir que le temps entre le décès et l’enterrement est ressenti plus ou moins long selon les personnes. C’est le temps qu’il faut pour que l’on chemine, je pense.

4 – Et deux moi après ? 

Deux mois après, Elya me demande encore après cette personne mais aussi après son arrière-grand-père décédé l’année passée. Je lui explique, je répète qu’ils sont morts et partis. Que nous ne leur parlerons plus jamais, mais qu’on a le droit de penser à eux, de les aimer.
Chloé, parfois, me dit être triste, car « cette personne » n’est plus là. Alors, je lui fais un câlin, je lui dis que je comprends et la vie reprend son cours.

Bref, la Mort avec les enfants, c’est plus compliqué pour nous de répondre à leurs questions.

Si vous avez été confrontés à un décès avec vos enfants. N’hésitez pas à me contacter, ou à laisser un commentaire :) 

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2 thoughts on “Comment faire face à un décès avec les enfants ?

  1. Mes filles n’ont pas eu la chance de connaître ma grand-mère car elle est mort quelques mois avayque l’aînée soit née mais j’étais très proche alors chaque que je suis en vacances on va au cimetière et donc comme mes filles près de moi comme des petites glue on a du explique la mort et l’enterrement pour le moment la grande qui me pose beaucoup de questions n’est pas triste mais elle a compris que nous adulte on l’était. Alors gentiment elle a pris ma mère dans ses bras et lui a dit c’est pas grave si tu pleures car on aime fort sa maman et toi t’en a plus je veux bien te prête la mienne mais seulement le temps de nettoyé la tombe ;-). Les enfants ont une approche différente de la nôtre ils nous donnent la force de continuer

    1. Merci pour ton témoignage, à travers du quel tes enfants ont compris votre tristesse, ils montrent de l’empathie et montrent leur présence pour vous.
      ça fait vraiment chaud au cœur de la part de p’tits bouts, que l’on « croit » innocent.
      Ils comprennent tellement de choses …

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